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Au moyen âge, la tranquillité d'un petit village japonais est troublée par les attaques d'une bande de pillards. Sept samouraïs sans maître acceptent de défendre les paysans impuissants.

Public :
adulte
Caractéristiques :
2 DVD, 193mn ; 4/3, Mono d'origine
Langue :
japonais
Notes :
Version originale sous-titrée en français.
Documentaire : Kurosawa de Adam Low, commentaire : Les sept samouraïs par Jean Douchet.. - .Lion d'Argent, Italie, 1955. - .Prêt + Consultation
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158003553 Médiathèque de Plescop - - Adulte F SEP Disponible -

Akira Kurosawa (黒澤 明, Kurosawa Akira?) est un réalisateur, producteur, scénariste et monteur japonais, né à Tokyo le et mort à Tokyo le . Avec Yasujirō Ozu et Kenji Mizoguchi, il est considéré comme le cinéaste japonais le plus célèbre et le plus influent de l'histoire[1],[2]. En 57 ans de carrière cinématographique, il réalisa pas moins de 30 films.

Akira Kurosawa débuta en 1936 en tant qu'assistant réalisateur et scénariste. En 1943, au cours de la Seconde Guerre mondiale, il réalise son premier film, La Légende du grand judo (Sugata Sanshiro). Son huitième long métrage L'Ange ivre (酔いどれ天使, Yoidore tenshi?) sort en 1948 et est acclamé par la critique, affirmant la réputation de Kurosawa. Ce film marque les débuts de l'acteur Toshirō Mifune, qui tournera au total 16 films avec Kurosawa.

Avec Rashōmon, dont la première eut lieu à Tokyo en août 1950, Akira Kurosawa reçut en 1951 le Lion d'Or de la Mostra de Venise, récompense suivie par une diffusion en Europe et en Amérique du Nord. Le succès de ce film auprès du public et de la presse ouvrit alors les portes de l'Occident au cinéma japonais et permit de forger la réputation internationale de nombreux artistes japonais. Des années 1950 au début des années 1960, Kurosawa réalisa environ un film par an, dont Vivre (生きる, Ikiru, 1952), Les Sept Samouraïs (七人の侍, Shichinin no samurai, 1954) et Yojimbo (用心棒, Yōjimbō?) (1961). Par la suite, sa carrière est moins prolifique, mais ses derniers travaux - dont Kagemusha, l'Ombre du guerrier (影武者, Kagemusha?) (1980) et Ran (, Ran?) (1985) - lui permettent de remporter de nouvelles récompenses, notamment la Palme d'or pour Kagemusha, l'Ombre du guerrier.

En 1990, il reçoit l'Oscar d'honneur « pour ses accomplissements qui ont inspiré, ravi, enrichi et diverti le public mondial et influencé les cinéastes du monde entier »[3],[4]. En 1999, il est nommé à titre posthume « Asiatique du siècle » dans la catégorie « Arts, Littérature, et Culture » par le magazine AsianWeek et CNN, présenté comme « l'une des cinq personnes ayant le plus contribué à l'épanouissement de l'Asie durant les 100 dernières années[5] ».

Kurosawa naît en 1910 dans le quartier d'Ōmori (arrondissement de Shinagawa) à Tokyo. Son père Isamu, descendant d'une famille de samouraïs de la préfecture d'Akita, est directeur de l'école secondaire de l'Institut d’Éducation Physique de l'Armée, tandis que sa mère vient d'une famille de marchands d'Osaka. Il est le benjamin d'une lignée de sept enfants. Deux d'entre eux étaient déjà grands à sa naissance, et une de ses sœurs décéda peu de temps après. Kurosawa ne grandit alors qu'avec trois de ses frères et sœurs[6],[7].

En plus de promouvoir l'exercice physique, son père Isamu Kurosawa considère la culture occidentale - et plus particulièrement le cinéma et le théâtre - comme un point essentiel de l'éducation : le jeune Akira découvre alors le cinéma à l'âge de six ans[8]. Sous l'influence d'un de ses professeurs d'école élémentaire, M. Tachikawa, il se passionne également pour la peinture et le dessin[9]. À cette époque, il étudie également la calligraphie et le kendo[10].

L'enfance d'Akira Kurosawa est également très influencée par son frère Heigo, de quatre ans son aîné. Kurosawa rapporte qu'à la suite du séisme du Kantō de 1923, Heigo l'emmena dans les quartiers les plus détruits de la capitale et que lorsqu'il tenta de détourner les yeux des cadavres jonchant les rues, son frère l'en empêcha pour l'obliger à affronter ses peurs. Pour certains, cet événement influença fortement la sensibilité de Kurosawa[11],[12].

Heigo est un élève brillant, mais échoue à son examen d'entrée au lycée. À la suite de cet échec, il se détache peu à peu de sa famille, et se concentre sur la littérature étrangère[7]. À la fin des années 1920, Heigo devient benshi (commentateur de films muets) et se fait connaître sous le nom de Suda Teimei. Akira, qui veut alors devenir peintre à l'occidentale[13], emménage avec son frère[14]. Grâce à Heigo, Akira découvre non seulement le cinéma, mais également le théâtre et le cirque[15]. Dans le même temps, il expose ses toiles et travaux dans le cadre des expositions de la Ligue des Artistes Prolétariens. Mais il n'arrive pas à vivre de sa peinture et finit par s'en lasser. Il se détourne aussi de la politique alors que la répression policière s'est accentuée[16].

Avec l'arrivée du cinéma parlant au début des années 1930, Heigo connaît des problèmes d'argent et Akira retourne chez ses parents. En juin 1933, Heigo se suicide avec sa compagne. Kurosawa décrit cette mort comme un sentiment durable de perte[17], et l'évoque dans le chapitre intitulé « Une histoire dont je ne veux pas parler » de son autobiographie[18]. Seulement quatre mois après la mort de Heigo, son frère aîné meurt également[14],[18].

En 1935, le nouveau studio de cinéma Photo Chemical Laboratories - abrégé P.C.L, et qui deviendra par la suite le studio Tōhō - recherche des assistants-réalisateurs. Bien qu'il n'ait jamais envisagé de travailler dans le cinéma et qu'il ait déjà un travail d'illustrateur de livres, Kurosawa répond à l'annonce du studio, qui demande aux candidats de rédiger un essai sur les défauts fondamentaux des films japonais et les moyens d'y remédier. Kurosawa explique dans son papier que si ces défauts sont fondamentaux, alors il n'y a aucun moyen de les corriger. Cette lettre au ton moqueur lui permet de passer les examens suivants. Le réalisateur Kajirō Yamamoto, qui fait partie des recruteurs, insiste pour que Kurosawa soit recruté. En février 1936, à l'âge de 25 ans, Kurosawa entre chez P.C.L[19],[20].

Au cours de ses cinq années en tant qu'assistant, Kurosawa travaille pour un nombre important de réalisateurs différents, mais celui qui lui apporte le plus reste Kajirō Yamamoto. Sur ses vingt-quatre films en tant qu'assistant-réalisateur, dix-sept sont réalisés par Yamamoto, la plupart étant des comédies jouées par l'acteur Kenichi Enomoto, plus connu sous le non de Enoken[21]. Yamamoto cultive le talent de Kurosawa, et en une année, il le fait passer directement de troisième assistant à assistant-réalisateur en chef[22]. Les responsabilités de Kurosawa augmentent, et son travail va de l'élaboration des scènes et du développement du film aux repérages des lieux de tournage, en passant par la finition du scénario, les répétitions, l'éclairage, le doublage, le montage et la direction de la seconde équipe[23]. Dans son dernier film en tant qu'assistant-réalisateur, Uma (1941), Kurosawa s'occupe de l'essentiel de la production, Yamamoto étant déjà occupé par le tournage d'un autre film[24].

Yamamoto confie à Kurosawa qu'un bon réalisateur doit avant tout être un excellent scénariste[25]. Kurosawa réalise alors qu'il peut gagner davantage en écrivant des scénarios qu'en étant assistant-réalisateur[26]. Il publie et vend plusieurs scénarios, mais n'obtient pas de son studio d'en assurer la mise en scène.

Durant les deux années suivant la sortie de Uma en 1941, Kurosawa est en quête d'une histoire qui pourrait lancer sa carrière de réalisateur. Vers la fin de l'année 1942, environ un an après le début de la guerre entre le Japon et les États-Unis, le romancier Tsuneo Tomita publie Sugata Sanshirō, un roman sur la naissance du judo dans la veine des récits héroïques et moralisateurs de Eiji Yoshikawa comme Miyamoto Musashi. À la lecture de ce livre, Kurosawa demande immédiatement à la Tōhō d'acquérir les droits d'adaptation et obtient d'être le réalisateur du film[27],[28].

Le tournage de La Légende du grand judo (Sugata Sanshirō) débute à Yokohama en décembre 1942. La production du film ne pose pas de problème, mais la censure, qui avait donné son accord en aval conformément à la Loi sur le cinéma de 1938, juge le résultat du tournage trop « anglo-saxon ». La Légende du grand judo doit finalement sa sortie le 25 mars 1943 au réalisateur Yasujirō Ozu qui défendit le film. Néanmoins, 18 minutes de la version initiale furent censurées. La plupart de ces coupures sont aujourd'hui considérées comme définitivement perdues[29],[30]. La Légende du grand judo est un film caractéristique de l'idéologie de l'époque. Il exalte les vertus morales et l'abnégation du petit peuple, par opposition à l'égoïsme et à la méchanceté des bourgeois occidentalisés représentés par le personnage de Gennosuke.

Kurosawa s'intéresse ensuite au sujet des femmes ouvrières en temps de guerre dans Le Plus Beau (Ichiban utsukushiku), un film de propagande tourné dans un style semi-documentaire au début de l'année 1944. Le scénario, écrit par Kurosawa, met en scène un groupe de jeunes ouvrières dans une usine de lentilles optiques à usage militaire qui fait tout son possible malgré les difficultés pour augmenter sa productivité[31],[32].

Au cours de la production, Yōko Yaguchi[33], l'actrice interprétant la meneuse du groupe d'ouvrières, est choisie par ses collègues pour présenter à Kurosawa leurs exigences. Paradoxalement, alors qu'ils s'opposent en permanence, Yaguchi et Kurosawa se rapprochent. Ils se marient le 21 mai 1945, alors que Yōko est enceinte de deux mois. Ils restent mariés jusqu'à la mort de Yōko en 1985[34],[35]. Ils ont ensemble deux enfants : un fils, Hisao, né le , producteur de quelques-uns des derniers projets de son père, et une fille, Kazuko, née le , chef costumière[36].

Juste avant son mariage, Kurosawa est pressé par le studio de donner une suite à La Légende du grand judo. La Nouvelle Légende du grand judo (Zoku Sugata Sanshirō) sort en mai 1945. Ce film de propagande est très souvent considéré comme l'une des œuvres les moins bonnes de Kurosawa[37],[38],[39],[40],[41].

Dans le contexte de pénurie des derniers mois de la guerre, Kurosawa décide d'écrire le scénario d'un film moins cher à produire que les précédents. Les Hommes qui marchèrent sur la queue du tigre (Tora no o wo fumu otokotachi), basé sur la pièce de kabuki Kanjinchō, avec Enoken, est terminé en septembre 1945. À cette date, le Japon a capitulé, et l'occupation du pays a commencé. La mise en place d'un système de censure par les Américains à l'encontre de tous les films japonais réalisés pendant la guerre bloque la diffusion du film qui ne sortira pour la première fois qu'en 1952[42],[43].

Au lendemain de la guerre, Kurosawa s'inspire des idéaux démocratiques de l'occupation. Le premier film résultant de cette inspiration est Je ne regrette rien de ma jeunesse (わが青春に悔なし, Waga seishun ni kuinashi?), sorti en 1946, inspiré par l'incident de Takigawa de 1933 et l'affaire de l'espion Hotsumi Ozaki, et dans lequel le réalisateur critique le régime japonais d'avant-guerre. Le personnage central du film est une femme, Yukie (interprétée par Setsuko Hara), qui cherche sa place dans un contexte de crise politique. Le scénario original dut être revu et corrigé de façon importante. Le film divise la critique, tant par son sujet controversé que par le sexe de son personnage principal. En revanche, le succès auprès du public est présent, et le titre du film devient une phrase culte d'après-guerre[44],[45],[46],[47].

Son film suivant, Un merveilleux dimanche (素晴らしき日曜日, Subarashiki nichiyōbi?), est présenté en juillet 1947 à une presse mitigée. Il s'agit d'une histoire d'amour relativement simple d'un couple appauvri par la guerre qui souhaite profiter de son jour de repos. Pour ce film, Kurosawa a été influencé par les travaux de Frank Capra, D. W. Griffith et F. W. Murnau[48],[49]. En 1947 sort La Montagne d'argent (銀嶺の果て, Ginrei no hate?) un film de Senkichi Taniguchi (en) et écrit par Kurosawa. Ce film marque les débuts du jeune acteur Toshirō Mifune. C'est Kurosawa, à l'aide de Yamamoto, qui insista pour que le studio Tōhō engage Mifune[50].